Un peu de moi…

download2Cela fait quelques années maintenant que je côtoie internet, tout comme vous peut-être. Je dois avouer que je suis tout de suite « tombée » dedans pour des usages aussi divers que variés. Je me rappelle encore de l’époque ou on allait chercher des cds de minutes gratuites d’internet distribuées par les fournisseurs pour attirer les clients potentiels. Et la tonalité qui précédait la connexion… Ah c’était une autre époque! Je n’aurais jamais cru qu’il me deviendrait aussi utile par la suite. Presque indispensable.

270HLoin d’être accro (je reconnais d’ailleurs l’avoir été j’en profite pour faire un gros big up à Blenda, Lynia, Catseyes, Mr Noir, Holl, Minou, Zepekenio et tous les autres), c’est pour moi aujourd’hui un outil de travail, mais surtout de savoir, d’inspiration, de création,… Il a toutes les réponses aux questions qui me taraudent, me fait découvrir des mondes inconnus et m’offre des perspectives qui m’étaient alors encore invisibles. Il peut même ouvrir des portes, faire rencontrer des gens qui partageront un bout de votre existence voire même bien plus… Je pense même qu’il pourrait faire évoluer les consciences si il était correctement utilisé.

Grâce à lui, j’ai appris l’infographie, le web-design, la programmation, la menuiserie, le cartonnage, la nourriture vivante, le réemploi, le détournement d’objets, la couture, la cuisine, la botanique, la biologie végétale, l’aquaponie, l’énergie libre, le portage, l’hygiène naturelle infantile, l’autoconstruction, les couches lavables, la permaculture, la pâtisserie, la cuisine, l’art, la littérature, le cinéma, l’organisation, la CNV, la musique, le Yoga, la méditation, la botanique…

Study and Knowledge Concept

Tellement de choses que je ne pourrais toutes les citer. Loin de moi la prétention d’être professionnelle et performante dans tous ces domaines, ni même de tous les pratiquer, j’ai néanmoins des notions de toutes ces choses et bien d’autres encore et je sais surtout que, le moment venu, elles sont à ma portée. Finalement, ce que j’aime chez mon pote ‘Ternet, c’est qu’il offre à tous ceux qui y ont accès la possibilité de devenir maître de leur savoir sans forcément devoir pour cela dépenser de l’argent. Bien sûr, il faut y consacrer du temps, comme on le ferait dans n’importe quelle formation, voire même plus car il faut aussi rechercher l’information et savoir faire le tri, ce qui n’est pas toujours chose aisée (ça peut même rendre fou des fois). Mais si j’ai pu apprendre à créer des sites web complexes sur internet (alors que j’étais loin d’être programmatrice et que comme vous j’avais l’impression de lire du chinois,…) alors je pense qu’on peut dire qu’il est possible de tout y apprendre (même les relations humaines!!). Je ne dis pas là que c’est le meilleur moyen, ni même le plus facile ou le plus humain. Je dis juste qu’il existe et que c’est pour moi un trésor d’informations, même si je dois admettre qu’il faut aussi s’en méfier comme de la peste.

internet-2515611_640
Je trouve que cette image symbolise pas mal ce que j’ai vécu!

Car Internet n’est pas qu’un outil génial… Il peut aussi s’avérer dangereux… Sans parler des mauvaises rencontres (que l’on peut tout aussi bien faire dans la rue) ou des mauvaises influences que l’on peut y subir (mais ça idem on a pas attendu internet pour ça), c’est un véritable danger social pour celui qui est déjà fragilisé par la vie… Et je suis bien placée pour en parler… Je suis moi même tombée les deux pieds dans un jeu de réalité virtuelle (d’où le big up qui en début d’article) et ça à quand même duré presque deux ans je crois. D’abord attirée par l’appât du gain, je me suis vite enfermée dans cette réalité qui me semblait plus douce que la réalité cruelle de notre société. Là bas les gens me comprenaient car évidemment nous étions tous plus ou moins en souffrance pour en arriver à nous recréer ainsi une nouvelle « famille »… Je dormais, mangeais, rêvais SL (oui tant qu’à faire autant dire à quel jeu je jouais)… Ma vie se résumait à un avatar sur un écran. Le pire de l’histoire c’est que ce jeu avait en fait été créé par un sociologue. Une expérience… Le concept est intéressant… On donne accès a des outils virtuels permettant de construire des choses virtuelles sans donner aucune consigne ni limite… Et on voit ce que les utilisateurs en font… Il s’est finalement avéré que les gens (dont moi) ont tout simplement recréé absolument tout ce qui existait déjà dans notre belle société… Le bon comme le pire… La nativité, l’amour, la guerre, la zoophilie, l’argent, la science fiction, la trahison, la prostitution, l’amitié, les gangs, la propriété… Tout ça sur fond de pixels… Comme quoi rien ne nous sert de leçon… Mais bon avec le recul ce fût une expérience sociologique très intéressante… Non ce qui me dérange le plus avec Ternet, c’est qu’il n’y a plus de séparation entre la vie extérieure et le foyer… Plus de refuge au sein duquel se réfugier. Ayant moi même été victime d’harcèlement scolaire à une époque de ma vie (et oui de nos jours ça a un nom) je ne sais pas comment j’aurais géré le fait qu’en rentrant à la maison le harcèlement continue sur mon écran… J’ai donc d’ailleurs une énorme pensée pour toutes ces familles victimes notamment du phénomène Facebook… Parlant de Facebook , parlons aussi du fait que de nos jours non seulement nos faits et gestes sont analysés mais également nos pensées, nos émotions, nos relations sociales,… Et ça c’est aussi en grande partie grâce à internet… Ça existait déjà avant bien sûr. Mais maintenant ils n’ont même plus besoin de nous démarcher pour nous connaître. Le pouvoir du clic… Çà fait un peu peur quand on imagine que ces données pourraient aussi être utilisées par le gouvernement si ça commençait vraiment à barder un jour… Puis ça fait encore plus peur quand on s’aperçoit qu’il est aussi et surtout utilisé pour désinformer les gens et orienter leurs choix et opinions. Cette parenthèse étant faite, continuons sur le positif…

275HEnfin… Pourquoi m’être attardée sur le sujet? Sûrement parce qu’il a par le passé occupé une grande partie de ma vie et surtout, parce que c’est grâce à lui que j’ai découvert la permaculture, grâce à lui que je me suis sentie capable de beaucoup plus de choses qu’on ne m’avait laissé croire, capable d’apprendre, par tous les moyens possibles, et de réaliser des choses extraordinaires. J’entends par extraordinaire ce qui l’est pour moi. Jamais je n’aurais cru être capable de coder un site internet, c’est donc pour moi extraordinaire de savoir le faire aujourd’hui. Et je crois que ça l’est encore plus car c’est quelque chose que j’ai fait seule. (Si certains d’entre vous souhaitent faire de même je peux d’ailleurs partager le site qui m’a permis d’y arriver et qui s’appelait à l’époque, « Le site du Zéro »: OpenClassRoom. A l’époque, c’était un site beaucoup plus simple. Il semble aujourd’hui très professionnel et peut limite faire peur mais l’esprit convivial y est resté le même!) Évidemment j’ai souvent demandé de l’aide sur les forums et je remercie d’ailleurs tous ceux qui m’ont consacré un peu ou beaucoup de temps.

Businessman | Hand drawing social network

C’est d’ailleurs là qu’internet prend un aspect humain et collaboratif. S’il existe bien un exemple de solidarité gratuite à l’heure actuelle. C’est internet. Il n’y a qu’à trainer un peu sur les forums pour se rendre compte que les gens sont prêts à aider et apporter à l’autre sans rien attendre en retour (même si il faut le dire, il y a aussi des gros c*** sur les forums). Je constate même le phénomène de plus en plus sur facebook notamment dans un groupe dont je vous parlerai sûrement un jour. Quand ce sera le moment. On voit aussi de plus en plus de sites de dons faire surface, je pense notamment au site Donnons. Les choses s’organisent petit à petit sur la toile… Pour résumer, je suis absolument convaincue qu’avec le temps, la patience, et la volonté, nous sommes capable de beaucoup plus que nous ne croyons.

193HC’est pour toutes ces raisons (entre autres), que je me lance aujourd’hui dans l’aventure de La Ferme des Petites Mains. Pour la petite histoire, à l’école je me débrouillais plutôt bien en langues étrangères. Le commerce international étant à la mode à l’époque, j’ai donc gentiment été orientée sur cette voie. Mon père m’avait d’ailleurs dit d’un air un peu inquiet « Tu es sûre? ». Au fond de moi je voulais faire du droit international mais je ne me sentais pas à la hauteur. Les langues étrangères, découvrir le monde… Le commerce international semblait être une porte ouverte sur le voyage et la découverte, je m’y suis donc engagée. Je rêvais pourtant depuis petite de verdure. Je disais souvent à mes potes en riant « Mon rêve c’est d’être mère au foyer à la campagne et d’élever des chèvres ». C’est marrant comme des fois notre inconscient, sur le ton de la plaisanterie, peut nous lancer des appels que nous ne sommes pas capable d’entendre ou nous faire enfouir des rêves au plus profond de nous par peur d’échouer ou d’être regardé de travers (ben oui élever des chèvres c’est pas le truc le plus glamour qui soit quoi…). Je ne vais pas dire que le Commerce International fût la pire expérience de ma vie. Au contraire il m’a permis de m’installer à Barcelone quelques années et d’y faire de magnifiques rencontres. Il m’a aussi appris à grandir et me débrouiller seule loin des miens. Il m’a appris la diversité et la tolérance… et bien sûr le goût du partage… Oui l’auberge espagnole n’est pas qu’un film… C’était vraiment comme ça à l’époque la vie barcelonaise… Et c’était tellement bon. Je garde en moi une partie de toutes celles et ceux qui ont partagé ma vie là bas. Ils font intégrante de ce que je suis aujourd’hui.

fleurdepermaredraw Mais revenons en à nos moutons (ou devrais-je plutôt dire chèvres dans mon cas?). Avec le temps, j’ai donc appris que rien n’est vraiment totalement impossible. Qu’il y a le noir et le blanc, mais aussi 255 nuances de gris entre les deux. Et je sais pertinemment que d’une façon ou d’une autre je suis capable d’arriver à construire autrement. Construire une façon différente de vivre, plus respectueuse, plus simple, et plus belle. Je n’ai, vous l’aurez compris, aucune formation maraîchère, tout juste un peu de pratique du jardinage. Cela fait cependant maintenant 3 ans que je dévore des ouvrages de jardinage de grand mère, de permaculture, de botanique, de biodynamie,… Que je fais des recherches sur les techniques qu’utilisaient nos aïeux… Que je me gave de vidéos et d’ouvrages sur les pratiques de la permaculture, de l’agriculture naturelle, du maraîchage sauvage, du maraîchage sur sol vivant, la gestion holistique… J’aime notamment tout particulièrement Hervé Coves qui m’inspire énormément. Je prendrai d’ailleurs le temps de créer une liste des sites, des ouvrages, des vidéos, des personnes… que je trouve intéressants. Je suis bien consciente qu’il n’y a qu’en pratiquant que j’apprendrai vraiment la réalité du terrain, mais je sais que j’en suis capable, même si je suis consciente que ce ne sera pas toujours facile et que le chemin sera long.

13260136_10154389631054928_3997987191807672278_n
La preuve en image avec une vieille armoire détournée en magnifique trône (plus communément nommé « toilettes sèches »)! C’est moche, mais ça marche…

Pour ce qui est de l’aspect bricolage et autoconstruction du projet, j’arrive en général à me dépatouiller et construire des choses fonctionnelles. L’esthétique n’est pas toujours au rendez-vous mais c’est un peu aussi par manque de temps et de matériel. Puis quand vraiment je n’y arrive pas seule je demande en général un coups de main (même si c’est vraiment me faire violence… J’ai hérité ça de ma maman j’ai horreur de demander). Ça doit être le côté féministe refoulée genre trop fière pour avouer ma faiblesse (et pourtant je n’adhère pas du tout au mouvement féministe tel qu’il est aujourd’hui)… J’espère d’ailleurs que cette expérience de vie me permettra de travailler là-dessus et de m’ouvrir à nouveau un peu plus aux autres. Enfin voilà même si c’est moche je fais, le plus important pour moi étant que ce soit utile et fonctionnelle (même si il est vrai qu’un peu d’esthétisme ne fait pas de mal)…

garbage-1255244_640
Non ce ne sont pas les miens mais ça aurait pu…

Côté énergie, nous essayons de consommer le moins possible et l’achat d’un poêle à bois est prévu. Côté recyclage ou plutôt réemploi, c’est parfois un peu problématique car j’ai beaucoup de mal à jeter. Pour moi tout pourrait éventuellement avoir un jour une utilité (pfiouuuu)… Même les pots de yaourts vides ont leur place à la cave. Enfin, question simplicité volontaire, je ne suis pas une grande consommatrice. En fait, je n’achète quasiment jamais rien pour moi et je pense d’ailleurs être même un peu trop extrême de ce côté là parfois. Nous pratiquons également le troc notamment pour les vêtements et les jouets. Les enfants eux ne manquent de rien. Loin d’être pourris, ils en ont beaucoup trop à mon goût (nombreux tontons, tatas, cousins,… sans parler des grands-parents…). Et ça aussi il faudra, petit à petit, y travailler, surtout qu’ils réclament rarement. Mais on a tendance à toujours avoir peur que nos enfants manquent de quelque chose, ce qui est, en mon sens, caractéristique d’une société élevée dans l’aberration que la valeur de l’amour d’une personne est fonction de ce qu’elle offre. Tout comme la valeur d’une personne est fonction de ce qu’elle détient. Caractéristique également d’une société qui nous fait croire que pour être bien et épanouis nos enfants doivent être performants, et que pour être performants et éduqués, ils ont besoin d’avoir tous les derniers jouets ou outils pédagogiques à la mode. Après, chacun en pensera ce qu’il voudra.

Voilà je voulais que nous fassions un peu connaissance, je pense que c’est chose faite… Je pense que je reviendrais régulièrement vers vous pour réagir sur des sujets qui m’ont interpellée, vous faire par de mon état d’esprit du moment,… Je trouve ça assez marrant comme exercice finalement, se livrer un peu…

NB: Cette expérience est une expérience globale, y compris sur moi, nous, mes enfants… Une sorte d’analyse en live de nos personnes. Une façon de nous comprendre, de guérir nos blessures. C’est donc un peu aussi une thérapie. Je me livre à vous pour expier mes solitudes, mes non-dits, mes faiblesses et mes forces, pour me réconcilier aussi un peu, avec moi même. On pourrait prendre ça pour de l’exhibition, mais les gens qui me connaissent savent et vous dirons que je suis plutôt du genre pudique en ce qui concerne ma personne, mon foyer et mes ressentis. Je me fais ici un peu violence pour me livrer et pouvoir ainsi avancer. Je pense que c’est tout simplement le moment de le faire. D’ailleurs, la vie ici nous fait déjà beaucoup de bien à tous. Après bientôt quatre mois passés à la Ferme, les enfants sont beaucoup plus sereins et moi aussi! Je pense également que me livrer pourra permettre de mieux comprendre le cheminement qui m’a menée vers la vie que je mène aujourd’hui.

NBbis: La photo que j’ai choisi pour cet article est le symbole d’une vie passée et révolue. J’avais fait cette série de photos pour plusieurs raisons. Premièrement j’avais trouvé un petit site sympa sur internet (webcamtoy ou quelque chose comme ça…), qui permettait de prendre des photos en utilisant divers filtres. J’ai donc tout simplement « tripé » un peu… Deuxièmement je pense que je devais sacrément m’emm***** ce jour là… Et troisième raison, qui explique cette fois toutes ces pauses qui me semblent aujourd’hui si ridicules (limite honteuses), je trainais à l’époque pas mal sur Facebook et me sentais assez seule… J’avais besoin, au fond, je pense de faire comme toutes les autres filles que je voyais sur la toile pour espérer recevoir un peu d’attention… Triste réalité… Du coups j’ai choisi cette photo parce que bon, elle est quand même bien faite (ça ne clash pas trop avec le design du site… Oui je suis un peu tatillonne…) et je n’ai pas non plus des tonnes de photos de moi sous le coude… Enfin ça me permet, à moi, de faire un petit bilan de mon évolution ces dernières années.

2 réflexions au sujet de « Un peu de moi… »

  1. Bravo !
    Merci pour cette déclaration, j’adhère, j’adore ! 🙂
    bonne continuation, et ça, finalement, vu comme tu, vous êtes partis, je ne m’inquiète pas du tout !

Laisser un commentaire