Saison 2016


En permaculture, il est coutume de respecter une période d’observation d’un an du terrain que l’on souhaite aménager. Vous vous demanderez peut-être pourquoi un an? Pour comprendre, il faut déjà être conscient qu’un système permacole est un ensemble complexe d’interactions entre divers éléments choisis et mis en place en fonction du terrain que l’on occupe, afin d’impacter au minimum l’environnement, tout en ayant une productivité maximale. Pour ce faire il faut donc d’abord connaître son environnement. Mais pourquoi observer pendant un an? A vrai dire ça pourrait être plus. Rien n’empêche d’observer son terrain jusqu’à être sûr de vraiment le connaître et cela peu parfois prendre bien plus d’un an. Les précipitations, la chaleur, le vent,… Autant de paramètres qui font que, d’une année sur l’autre, deux saisons d’été (ou n’importe quelle autre saison d’ailleurs) peuvent être diamétralement opposées… On pourrait aussi observer son terrain moins d’un an… Parfois les conditions font que l’on est dans l’urgence, et la rétroaction étant une base de la permaculture, on pourrait tout à fait envisager d’établir un potager de « survie » tout en sachant qu’il faudra probablement revenir sur le système l’année suivante… Mais je pense que cette façon de faire doit rester marginale et exceptionnelle, car elle ne permet pas, à mon sens, de mettre en place un système vraiment complet, résilient et productif en permaculture. Un délai d’une année d’observation est donc un minimum pour connaître les courbes, les pollutions éventuelles, les zones humides, la luminosité, la nature du sol,… de son terrain.

En ce qui nous concerne, nous nous sommes installés à La Ferme en avril dernier. J’ai pu observer le terrain durant l’automne 2016 et l’hiver 2016/2017 mais je suis loin d’avoir bouclé l’année. Cependant, l’envie de toucher la terre me démange et j’aimerai quand même essayer d’avoir une petite production pour commencer à améliorer l’alimentation du foyer. De plus, il ne faut pas oublier que je n’ai pas de réelle pratique du maraîchage. Cette saison pourrait donc me servir à faire mes premiers pas, mes premières expériences potagères…

Tout ceci étant pesé et emballé, la décision était prise de dégager une petite zone parmi les ronces afin de cultiver quelques pommes de terres, topinambours et autres essais de tomates, haricots,… Après avoir cherché pendant des heures, des journées et des semaines, les meilleures associations de plantes, je tombais sur ce document : Les cultures associées au potager. Je comprenais alors que c’était peine perdue et décidais de lâcher prise… J’ai donc tenté, un peu à l’aveugle, de faire mes premières cultures sans forcément faire attention aux associations. Ça me permettrait peut-être par la suite de confirmer ou d’infirmer les différentes propositions d’associations que j’avais pu lire au cours de mes recherches.

Retour en images sur la saison 2016 :

Avant de vous présenter les images, je tenais à remercier toutes les personnes qui m’ont envoyé des semences grâce aux différents groupes Facebook qui gravitent autour de la permaculture, et toutes les autres rencontrées lors de trocs.

 

Retour en images sur l’arrière saison 2016 (Septembre) :

 

Autres plantes sauvages observées identifiées ou en cours d’identification :

 

Quelles conclusions tirer de cette saison?

La saison a été très spéciale. Un mixe entre sécheresse et orages accompagnés de fortes pluies et de chaleur. Pas assez d’eau mais trop de façon trop violente et trop peu de vent pour sécher assez vite les feuillages… Du coups nous avons choppé le mildiou sur les tomates et un peu d’oïdium sur les courges.

Le premier constat serait donc de maigres récoltes… Les conditions climatiques ainsi que mes choix personnels (compagnonnages hasardeux, non arrosage, laisser faire les plantes sauvages,…) n’ont pas permis de miracles cette année.

Si les topinambours et les pommes de terre ont eu un rendement convenables (les pommes de terre ayant attrapé le mildiou nous avons eu quand même quelques patates nouvelles à déguster. Un délice!) le reste de la production est restée très médiocre. Les choux ont été dévorés par les chenilles et les limaces, les tomates ont longtemps stagné puis sont mortes… A savoir que j’avais fait les semis de tomate au mois de février lorsque nous étions encore en appartement. Les tomates étaient donc à l’abri de grandes baies vitrées plein sud et se portaient à merveille. Lorsque nous avons déménagé, j’ai du placer les plants dans la véranda. Le climat du Mené étant plus froid que celui de la côte briochine, les plants ont bleui et cessé leur croissance (mais je n’ai découvert ce phénomène que récemment. Je croyais jusque là que les plants ne s’étaient tout simplement pas plu…). Le seul pied de tomate à avoir continué sa croissance est un pied de tomate cerise poire jaune dont le mildiou a finalement eu raison après qu’il ait produit trois tomates.

Côté vivaces les fenouils, menthes et rhubarbes continuent doucement leur croissance mais les haricots, quant à eux, n’ont rien donné de plus que quelques graines pour l’an prochain.

Une belle découverte pour moi fût celle des cyclanthères qui poussent assez facilement et produisent convenablement. Ils ont en plus un goût très proche du concombre légèrement salé. Ils sont par contre assez petits mais sympas pour agrémenter les salades.

J’allais oublier le Yacon ou poire de terre. Je l’ai sorti de terre pour le mettre à l’abri pour l’hiver car c’est une vivace qui craint le gel. Il n’a pas donné grand chose cette année mais c’est multiplié et a fait deux petits. Affaire à suivre…

Une année médiocre donc mais qui m’aura permis d’expérimenter et commencer à appréhender les mécanismes complexes du maraîchage. Cette expérience m’a également servit à confirmer mon envie de persévérer dans ce métier.

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