Les origines de la Ferme des Petites Mains

(Veuillez excuser la longueur de cet article mais je pensais important de consacrer un peu de temps aux origines du projet. J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur! Bonne lecture!)

L’aventure à la Ferme a commencé en avril dernier, lorsque nous avons emménagé à Saint-Gouéno, dans une propriété de près de 9000 m² en location.

Nous, c’est:

VieAuChamps-Nous

(Vous remarquerez sur les photos la ressemblance physique flagrante entre mon fils et moi, notamment au niveau de la langue! Vous nous excuserez aussi pour la qualité des photos… Nous ne sommes pas pros!)

Ça faisait déjà bien longtemps que nous cherchions un endroit à la campagne où nous pourrions enfin essayer de construire autrement. Loin de la course de la ville. Un endroit où nous pourrions nous apaiser et envisager l’avenir sous un jour meilleur.

Vous vous demanderez peut-être d’où nous est venue cette idée.

LaVieAuChamp-AuSujetDuChamp-BarcelonaRavalJ’ai vécu quelques années dans une des plus grandes métropoles d’Europe. La grande et belle Barcelone. Son rythme, sa vie, son humanité, ses marchés, sa joie de vivre et de partager et surtout sa population haute en couleurs (et pas seulement d’un point de vue épidermique) tout me plaisait. Puis, petit à petit, je l’ai vue dépérir. Expropriations en masse des quartiers populaires en vue de construire de grands hôtels de luxes, banalisation des drogues dures, présence de plus en plus agressive de la guardia urbana (l’équivalent de notre police municipale en plus musclé) lors des rassemblements sportifs comme populaires, manipulation des médias, diminution du pouvoir d’achat, multiplication des emplois précaires, disparition des casas ocupat et autresLaVieAuChamp-AuSujetDuChamp-Guardia Urbana structures alternatives,… Bref, pour moi la fête était finie. Il était grand temps de rentrer en France. Ou plus précisément en Bretagne.

Ma chère et belle Bretagne. Je pensais naïvement la retrouver inchangée. Je l’avais quittée en 2005 et ces six années à l’étranger, qui m’avaient semblé une vie , ne l’avaient pas épargnée. Les gens de ma commune étaient devenus bien gris et l’individualisme s’était fait la part belle. Je faisais finalement le même triste constat qu’en Espagne. En quelques courtes années, notre société avait définitivement sombré du côté obscur de la force, un téléviseur en guise de cerveau et un portefeuille pour estimer la valeur des gens. Bien sûr je généralise. Ne vous sentez pas offusqués par cette réflexion personnelle que je m’étais faite à l’époque. Mais force est de constater que c’est ce vers quoi tend notre société, bien entendu encouragée et appuyée par nos chers gouvernements successifs, en France comme à l’étranger.

Puis je suis devenue maman. Hormones ou pas, j’ai été prise d’un élan d’espoir et de positivisme. Déjà concernée depuis petite par les problématiques écologiques, et bien consciente de ce que mon futur marmot allait engendrer comme tonnes de déchets en guise de cadeau de bienvenue à notre chère planète, je décidais d’opter pour les couches lavables. Convaincue mais pas totalement satisfaite des produits proposés sur le marché, je décidais de créer mon propre modèle. J’avais toujours rêvé d’indépendance dans mon travail. Je décidais donc de lancer ma propre marque de couches lavables. Mais je me suis trouvée face à de nombreux obstacles tant financiers que personnels, sans parler de l’administration et des réseaux qui ont fini par m’écœurer. J’ai donc décidé de ne pas aller plus loin dans l’aventure. J’avais pourtant déposé un brevet et fini deuxième à un concours de jeunes entrepreneurs mais je me suis heurtée à la dure réalité de l’entrepreneuriat français. C’est comme pour trouver du taf… Sans piston, tu récoltes les miettes…

Cependant, tout n’est pas noir dans cette histoire. Mon côté écolo et mon besoin de changement s’étaient définitivement encrés en moi. J’avais, par ailleurs, découvert au gré de mes recherches sur internet, et un peu par hasard, la permaculture. Ce fût pour moi la révélation. Je ne m’étalerai pas sur ce sujet car il sera l’occasion d’autres articles, mais j’avais enfin trouvé MA solution révolutionnaire pour changer de vie et être actrice de ce changement. Je pourrai enfin élever mes chèvres à la campagne comme souvent évoqué avec mes amis proches lors de longues discussions hautement philosophiques (ahahah). Non pas que cela m’aurait été impossible avant cette découverte, mais j’en avais enfin la motivation. Et c’était tellement bon!

J’aurai voulu tout de suite emménager dans une maison à la campagne mais le papa des enfants, très citadin, était un peu réticent (ce que je peux tout à fait comprendre) et je me contentais donc d’abord de chercher une maison pas trop éloignée de Saint-Brieuc (là où nous vivions). Parallèlement, je commençais à engloutir des tonnes d’informations au sujet de la permaculture. Livres, sites internets, magazines, tout y passait et chaque découverte attisait chaque jour un peu plus ma curiosité et mon envie d’expérimenter à mon tour.

Au moins 4 ans se sont écoulés. Nous avions été de déboires en déboires. De refus en maison insalubres. Il faut dire que notre situation financière était loin d’être idéale. Au RSA, séparée du papa de deux petits en bas âges, ma famille devenue monoparentale ne semblait pas être le prototype même du locataire idéal recherché par les propriétaires. Je continuais donc mes recherches mais sans trop y croire.

LaVieAuChamp-AuSujetDuChamp-PlufurAprès m’être serré la ceinture un bout de temps, je décidais quand même de participer à un cours certifié de permaculture à Plufur, organisé par l’Université Populaire de Permaculture. Mais la période était assez sombre pour moi et, malade, je décidais de ne pas me rendre au premier jour de stage, pensant finalement ne pas m’y rendre du tout (bon tout ça c’était un peu aussi à cause d’une espèce de petite peur du groupe, du jugement, tout ça tout ça…). Je dois avouer avec le recul que c’eût été une erreur monumentale. Car, après m’être finalement décidée à me rendre au stage le deuxième jour, je dois avouer que j’y ai vécu une expérience inoubliable qui encore aujourd’hui me rempli le cœur d’un tas d’émotions aussi étranges qu’apaisantes et motivantes (là encore un article y sera consacré). J’en suis sortie revivifiée, emplie d’une énergie que je croyais perdue à jamais. Sur un élan de positivisme et équipée d’une nouvelle arme nommée synchronicité, je décidais de reprendre mes recherches de maison avec terrain plus motivée que jamais.

2016-07-22 11.15.21Enfin, au détour d’une petite annonce, je trouvais LA maison. Vous me croirez ou non, dès que je l’ai vue, j’ai su que c’était la bonne et je n’ai jamais douté que mes enfants et moi y habiterions un jour. J’ai contacté son propriétaire qui souhaitait louer le domaine à un projet de maraîchage biologique. Je lui ai parlé du projet que j’avais en tête et de la permaculture, et il a finalement choisi de me faire confiance. De déboires en déboires. De refus en maison insalubres, le chemin fût long, mais la récompense merveilleuse! Vincent, son propriétaire ainsi que sa sympathique famille nous ouvraient enfin les portes d’une nouvelle vie.

To be continued…

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